Histoires, secrets et curiosités autour du parfum et de l’odorat.

Bienvenue dans mon Journal olfactif.
Je vous invite à remonter le fil de l’histoire du parfum, à découvrir les secrets des matières premières et à mieux comprendre le lien fascinant qui unit les odeurs à nos souvenirs et à nos émotions.

Flacon à cosmétiques en forme de chat, Égypte ancienne, vers 1990–1900 av. J.-C. — The Metropolitan Museum of Art — Domaine public.

Statue d’une reine ptolémaïque, peut-être Cléopâtre VII, 200–30 av. J.-C. — The Metropolitan Museum of Art — Domaine public.

Du Moyen Âge au XVIIᵉ siècle : se protéger grâce aux bonnes odeurs 

Au Moyen Âge, le rapport au parfum se transforme, mais les substances odorantes ne disparaissent pas.

L’Église se montre parfois méfiante à l’égard des parfums lorsqu’ils sont associés au luxe, à la séduction et aux plaisirs du corps. Pourtant, elle continue à employer largement l’encens au cours des cérémonies religieuses. Sa fumée accompagne les prières et conserve toute sa dimension sacrée.

Parallèlement, les senteurs acquièrent une nouvelle fonction : celle de protéger le corps et la santé.

À cette époque, on pense que certaines maladies se propagent par un air corrompu, chargé de mauvaises odeurs. C’est ce que l’on appellera la théorie des « miasmes ».

Dans cette conception du monde, ce qui sent mauvais évoque la maladie, la corruption et la mort. À l’inverse, les bonnes odeurs sont réputées purifier l’air et éloigner les maladies.

On brûle alors des plantes et des résines aromatiques. On porte également sur soi des sachets d’herbes odorantes ou des pomanders : de petits bijoux creux contenant des substances parfumées.

Cette croyance perdure au cours des siècles. Au XVIIᵉ siècle apparaît la célèbre silhouette du médecin de la peste, enveloppé dans un long manteau et portant un masque en forme de bec.

Celui-ci pouvait contenir des plantes, des épices et différentes substances aromatiques, censées purifier l’air respiré et protéger le médecin des miasmes.

 

 

 

Le saviez-vous ? Aux origines du parfum

Du sacré à la séduction, une histoire vieille de plusieurs millénaires

Bien avant de devenir ce précieux flacon posé sur nos étagères, le parfum était une fumée…

Depuis l’Antiquité, les hommes brûlent des bois, des résines, des plantes et différentes substances aromatiques au cours de cérémonies religieuses. En s’élevant vers le ciel, cette fumée parfumée symbolise le lien entre le monde des hommes et celui des dieux.

Le mot « parfum » serait d’ailleurs issu du latin per fumum, que l’on peut traduire par « à travers la fumée ». Une expression qui nous rappelle la première fonction des matières odorantes : accompagner les prières, les offrandes et les rituels sacrés.

Une fumée pour communiquer avec les dieux

Dans les civilisations anciennes, les senteurs sont entourées de mythes, de croyances et de symboles. En Égypte notamment, les prêtres brûlent des résines aromatiques dans les temples et oignent les représentations divines d’huiles parfumées.

Le parfum appartient alors au domaine du sacré. Sa fumée monte vers le ciel, emportant symboliquement avec elle les prières des hommes vers les divinités.

Les matières les plus précieuses, comme l’encens et la myrrhe, sont utilisées dans les cérémonies religieuses, les offrandes et les rites funéraires. Les parfums accompagnent ainsi les hommes jusque dans l’au-delà.

Des dieux jusqu’à la peau

Peu à peu, les substances parfumées se rapprochent de l’être humain.

Les Égyptiens utilisent également des huiles, des baumes et des onguents parfumés pour prendre soin du corps. Ces préparations permettent de protéger et d’adoucir la peau, tout en lui apportant une odeur agréable.

Le parfum n’est donc plus seulement destiné aux dieux : il entre dans la vie quotidienne, les soins corporels et l’art de la séduction.

Cléopâtre demeure l’une des figures les plus emblématiques de cette relation sensuelle et raffinée aux senteurs. Autour d’elle se construit l’image d’une reine associant huiles précieuses, onguents et parfums à son pouvoir de fascination.

Dès l’Antiquité, le parfum possède ainsi plusieurs visages : il est à la fois sacré, protecteur et séducteur.

Son voyage nous conduit du plus lointain — les dieux, les croyances et le cosmos — jusqu’au plus intime : la peau, le corps et les émotions.

 

Médecin portant un costume de protection contre la peste au XVIIᵉ siècle, aquarelle, vers 1910 — Wellcome Collection — Domaine public.

Femme portant un pomander parfumé à la ceinture, gravure de Wenceslaus Hollar, XVIIᵉ siècle — The Metropolitan Museum of Art — Domaine public.